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Plusieurs loups dans les Vosges ?

28 janvier 2012

Un spécialiste l’affirme : plusieurs prédateurs sont installés dans les Vosges sur une aire de 55.000 hectares courant du Bonhomme à Fresse et de Colmar aux Crêtes et Rochesson.

La semaine dernière, un garde de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) a suivi les traces de loups, dans la neige des crêtes vosgiennes, pendant six kilomètres. A un moment, la trace s’est séparée.

Jean-Luc Valérie va sur le terrain. Il observe, il interroge. Il recoupe les informations. C’est ainsi qu’il a dessiné, sur son ordinateur, l’aire de répartition des loups vosgiens, en fonction des attaques de moutons signalées l’été dernier. Il a conclu que les grands canidés couvraient une zone de 55.000 hectares. Celle-ci va du col du Bonhomme à Fresse-sur-Moselle et de la zone de la route des crêtes, côté alsacien, jusqu’à Rochesson. De plus, il note une suspicion de présence aux alentours de Colmar. Selon lui, cette zone peut satisfaire l’appétit de plusieurs prédateurs, dans un biotope riche en ongulés : cerfs, chevreuils et chamois. Les sangliers sont également nombreux mais ne constituent pas la proie de prédilection du loup.

Privés de brebis, rentrées pour l’hiver, les loups ont donc retrouvé leur mode de chasse traditionnel. Il y a quelques semaines, ils ont ainsi prélevé un jeune cerf, sur le versant alsacien.  » Un loup solitaire n’aurait pas pu venir à bout d’un cerf à lui tout seul « , note Jean-Luc Valérie.

L’hypothèse, de plus en plus sûre, de la présence de plusieurs loups dans le massif vosgien pose forcément la question de la réaction des éleveurs de moutons, des chasseurs et des pouvoirs publics. Dès le printemps, le risque de nouvelles attaques sera d’actualité. Pas sur l’homme, bien sûr. Mais sur les moutons. Pour Jean-Luc Valérie, partisan du maintien du loup, il n’est plus temps de faire l’autruche.  » Il faut que les éleveurs s’organisent en regroupant leurs troupeaux, en les protégeant avec des barrières électriques suffisamment dissuasives et en dressant des chiens anti-loups du type patou ou leonberg « .

Pas sûr que ces suggestions entraînent l’adhésion des éleveurs. Et pas plus celle des chasseurs que la présence du loup perturbe. Car le gibier modifie son comportement dans une zone où opère le grand prédateur. Il se disperse, bouge en permanence. Bref, il est plus difficile à tirer…

Espèce protégée, le loup semble donc bien installé. Il va falloir vivre avec, n’en déplaise à ceux qui estiment qu’il serait possible de l’éradiquer. Bien installé dans les Alpes, de retour dans le Jura, le voilà arrivé en Lorraine.

Et qui dit meute, dit louveteaux… Peut-être pour cet été ?

Source : L’Est Républicain

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5 Commentaires.

  • muscardinus 28 janvier 2012 at 19 h 43 min

    Il est intéressant d’avoir d’autres sources que les journaux. Voir le site du Groupe d’Etude des Mammifères de Lorraine, certainement plus scientifique, pour qui il est encore trop tôt pour
    parler d’une meute : http://www.geml.fr/geml_actu-8-loup_dans_les_vosges_du_nouveau.html

    • Le Klan du Loup 29 janvier 2012 at 13 h 30 min

      Merci pour ce lien.

      Salutations lupines.

      association Le Klan du Loup

  • jlv 29 janvier 2012 at 15 h 36 min

    L’avis tardif du Geml, ne fait que reprendre l’ensemble des déclarations de l’Oncfs, dont la première, je le rappelle était d’affirmer en présence d’une photographie attestant de la présence du
    loup, sans contestation possible, que:

    « rien ne permet dans les détails morphologiques, de dire qu’il ne s’agit pas d’un loup »

     

    j’ajoute:

    Comment peut-on croire, que deux individus non apparentés soient présents sur le massif, alors que les relevés prouvent qu’ils sont au moins deux ( et non au
    plus), et qu’ils soient de même sexe, sans qu’une meute soit présente dans les lieux ! C’est quasi improbable !

    Je ne vois pas deux mâles isolés et non apparentés se regrouper subitement! Alors s’ils sont forcément apparentés….ou sont donc les géniteurs ?

     

    Si les canidés en question sont de sexe opposé, comment croire que les faits sont récents alors que les statistiques, connues, comparables du Doubs et des Vosges confirment qu’il s’est développé
    deux phénomènes différents ! En terme de nombre de prédations, de surface investie, et surtout, en terme d’organisation, car ils sont toujours et encore présents ! (
    contrairement à ce qui se passe dans le Doubs, pour le moment, je l’accorde. Doit-on envisager un cas de braconnage ?)

     

    C’est vraiment nier l’évidence.

    Je rappelle une phrase de monsieur Pierre Singer, en octobre 2011

     

    Je cite : «  C’est assez curieux, cet animal qui est seul, on sait que le loup vit en meute »

     

    Je précise qu’il a également affirmé que  « il faut se méfier », et encore «  tout tente à prouver que ce sont des loups sauvages » qui migrent sur nos
    territoires. Je laisse à chacun l’occasion d’y réfléchir.

     

    Cela dit, je vais donc conclure ainsi pour décrire la situation actuelle…en ce qui me concerne
    directement !

    Mieux vaut loucher que d’être aveugle. Proverbe indien.

    (Si tu attends des informations pour te faire une conviction, tu vas attendre longtemps… !)

    Jean-Luc Valérie

     

     

     

  • Martin Lothar 29 janvier 2012 at 20 h 50 min

    Chasser le cerf, le chevreuil ou le sanglier, que l’on soit un seul homme ou plusieurs loups sera toujours longuement plus difficile et sauvage que bouffer un mouton subventionné jusqu’à la gorge
    — souvent ouverte quand le vrai loup reste sur sa faim en se faisant tourner en bouc émissaire.

    Bienvenue aux loups des Vosges et de Lorraine en attendant qu’ils rentrent dans Paris (le jour où les sangliers étourdis sortiront des bouches de métro — comme l’écrivait Jean Giono) et j’espère
    que leurs loupiots en apprendront de belles à la racaille humaine.

    Meilleurs voeux aux loups nouveaux, mais aussi aux bergers encore honnêtes et sérieux (s’il en reste) et à leur chien fidèle et pros.

    Meilleurs voeux enfin aux « Klan des loups » Qu’il reste avec nous !

    C’est tardif, mais sincère.

    Bien à vous.

  • GEML 2 février 2012 at 11 h 04 min

    Précision : le  GEML est une association totalement indépendante, libre de ses propos et ce que nous avançons provient de notre propre analyse des faits, en aucun cas nous
    ne répétons ce que l’ONCFS dit.

    On peut penser, croire, imaginer, espérer ce que l’on veut sur le Loup, mais sans preuve, ce ne sont pas des faits.

     

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