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La position des chasseurs français sur le Loup

29 mai 2008

      •     Les chasseurs français ne sont pas radicalement opposés au Loup et à sa présence sur notre

            territoire, au moins là où il s’est aujourd’hui durablement implanté, et dans le cas où son retour

            est naturel. Ils le reconnaissent comme un élément parmi d’autres de la biodiversité française.

            Pour autant, ils ne jugent pas nécessaire l’existence d’une population maximale telle que les

            seules potentialités écologiques le permettraient car des contraintes économiques et sociales

            sont aussi limitantes. Le loup a été un révélateur de la déprise humaine en montagne, il ne peut

            en devenir l’accélérateur. Le Loup doit lui aussi être soumis aux principes du Développement

            Durable, qui prescrivent l’équilibre entre les dimensions environnementales, socio-culturelles

            et économiques.

      •     Cela étant posé, la position des chasseurs français exprimée ici est, sauf exception,

            principalement d’ordre cynégétique et concerne essentiellement la coexistence équilibrée entre

            le Loup et la chasse.

 

A NOUVELLE DONNE, NOUVELLE STRATEGIE : LA PLACE DU LOUP

 

      •     L’état de conservation du Loup en France est désormais scientifiquement reconnu favorable,

            les textes internationaux sont donc respectés1. Il n‘y a donc plus nécessité absolue, tant

            biologique que juridique, d’améliorer encore davantage cet état de conservation, donc

            d’augmenter toujours les populations ou l’aire de présence. Les marges de manœuvre se sont

            ainsi élargies. En conséquence, l’objectif de gestion du Loup en France doit être redéfini dans

            ce nouveau contexte. Le loup n’a plus à être regardé comme une espèce en danger, comme une

            espèce nouvelle en France, mais comme une espèce en bonne santé et en expansion forte, tant

            en France qu’en Europe.

            En particulier la question de la stabilisation à la situation actuelle doit être posée au plus haut

            niveau.

 

      •     Ainsi, pour les chasseurs français, l’objectif en terme d’effectifs de loups ne peut plus

            nécessairement être la course en avant de l’augmentation et de l’atteinte de la capacité

            d’accueil biologique. Cet objectif doit être revu à la modération pour se situer entre un

            minimum, qui est le seuil de viabilité de la population, et un maximum potentiel qui est la

            capacité d’accueil biologique, ceci afin de viser l’acceptation socio-économique à long terme

            par les populations locales (« capacité d’accueil sociétale »). A contrario, si les effectifs

            devaient encore croître dans l’aire de présence actuelle, la transition vers une gestion des

            populations décentralisée à l’échelle d’unités de gestion à définir (gestion restant encadrée par

            des objectifs globaux et des principes de niveau supérieur) devra être envisagée, en application

            du principe de subsidiarité.

 

       •   En terme d’aire de présence, l’objectif doit se limiter aux Alpes, au moins à moyen terme.

           Favoriser ou laisser s’étendre durablement le Loup au-delà du Rhône n’est pas souhaitable tant

           que l’impact du Loup sur les populations proies (ongulés notamment) n’est pas mieux connu et

           évalué scientifiquement, sans oublier que, même s’il ne s’agit pas de questions strictement

           cynégétiques, la quasi-totalité des régions périphériques aux Alpes sont des régions d’élevage

           important, notamment bovin2 (Massif central, Bourgogne, Franche-Comté…). Ne créons pas

           ailleurs les mêmes problèmes que ceux qui ne sont pas encore complètement résolus et

           stabilisés dans les Alpes. De la même manière, laisser entrer le loup dans les Pyrénées (par

           l’Espagne entre autre) n’est pas davantage souhaitable. Les Alpes, avec leur population lupine

           en état de conservation favorable, suffisent à ce jour à la contribution française pour la

           conservation du loup en Europe. Il est encore trop tôt pour exporter « l’expérience » en dehors

           des Alpes.

 

       •   A ce sujet, concernant les diagnostics actuels de colonisation naturelle du Loup basés sur des

           analyses génétiques (Pyrénées orientales, Massif central…), les chasseurs français demandent à

           ce que tous les loups détenus dans les « parcs à loups » et autres espaces de détention soient

           également caryotypés et comparés aux loups retrouvés « en nature ». Ils demandent également

           que tous les loups nés en captivité soient réellement inscrits sur un registre spécialement prévu

           à cet effet, soient tatoués ou « pucés », et que tout mouvement d’animal soit signalé.

 

       •   Enfin, il est surprenant que la question du Loup et de la rage n’ait jamais été examinée au plus

           haut niveau dans le cadre de la définition de la politique Loup en France. Même si les risques

           sont à priori minimes, en particulier concernant la rage vulpine mais peut-être moins pour ce

           qui est de la rage canine, l’Etat ne devrait pas s’exonérer d’une évaluation précise du risque et

           d’une décision éclairée de sa prise en considération, ou pas, dans le plan national de gestion du

           Loup. Le principe de précaution doit aussi être pris en compte dans ce sens.

 

       •   En résumé, la gestion des populations de loups ne peut plus demeurer uniquement réactive

           mais doit devenir plus proactive.

 

LE LOUP ET LES ESPECES GIBIERS

 

       •   Les chasseurs français s’inquiètent de l’impact du loup sur les espèces gibier (ongulés) et

           notamment de l’augmentation potentielle de cet impact au fur et à mesure du développement

           de la protection des troupeaux domestiques et de son efficacité. Rappelons que ces espèces

           gibier entrent déjà pour 50 à 70% dans le régime alimentaire du Loup. Ils demandent à ce que

           cette problématique soit désormais intégrée au Plan d’action national sur le loup et aux débats

           du Comité national Loup. L’évolution des attributions aux Plans de chasse peut être un

           indicateur intégré à ce Plan d’action, avec des objectifs d’évolution qui lui soient associés et

           dont la gestion du loup devra tenir compte. Les chasseurs français, gestionnaires des espèces

           gibiers, trouvent normal de « laisser une part au loup », mais pas toute sa part (ou, pour être

           plus précis, pas une part indéfinie à la mesure d’une croissance non contrôlée des effectifs de

           loups), d’autant plus que l’équilibre naturel entre le prédateur et ses proies sauvages ne peut

           convenablement s’établir du fait de la présence de troupeaux de bétail domestique dans ces

           milieux naturels. Ils ne veulent pas voir progressivement anéantis les bénéfices de plus de 20

           ans de leurs efforts de gestion.

          Ils s’inquiètent aussi des impacts indirects potentiels de la présence accrue de loups sur les

          autres espèces emblématiques des Alpes, comme le Tétras-lyre par exemple, par les risques

          d’enfrichement de certains alpages les plus sensibles à la pression du loup et le surpâturage qui

          en résulterait sur d’autres ; sans oublier l’impact des chiens de protection, qui se multiplient du

          fait des politiques mises en place, sur les lièvres variables, marmottes et galliformes de

          montagne, voire les ongulés.

          Si le loup doit être maintenu dans un état de conservation favorable, il n’y a pas de raison pour

          les chasseurs français qu’il n’en soit pas de même pour les autres espèces de faune sauvage

          avec lesquelles le loup interagit, en particulier les espèces gibier.

 

      •   De plus, ces problèmes sont multipliés quand, en plus du Loup, le Lynx est aussi présent,

          comme c’est désormais le cas dans la plupart des départements alpins.

 

      •   En contrepartie de cette nouvelle menace pour le gibier et la faune sauvage, les chasseurs

          français demandent à ce que les politiques de gestion et d’aménagement du territoire et des

          habitats (sylviculture, agriculture, tourisme etc…) soient davantage infléchies pour la

          conservation et l’amélioration des populations de gibier. En particulier, que les pressions pour

          la réduction des espèces de gibier susceptibles de commettre des dégâts (ou à risques

          sanitaires) soient modérées.

 

LE LOUP ET LA CHASSE

      •   Pour autant, les chasseurs français ne demandent pas nécessairement que le loup devienne une

          espèce chassable, même si sur le plan biologique une chasse raisonnée, encadrée et adaptée à la

          biologie de l’espèce ne serait pas contradictoire pour une espèce théoriquement protégée mais

          qui a vu sa situation considérablement s’améliorer et n’est plus menacée. En revanche, ils

          demandent que son statut juridique actuel (strictement protégé), tout en restant « protégé », soit

          assoupli en matière de régulation, notamment au titre de la prévention et par rapport à des

          objectifs cynégétiques et pas seulement économiques (élevage). Les SDGC3 pourraient

          apporter à cet effet la garantie d’objectifs cynégétiques raisonnables. La régulation doit

          cependant rester sous la responsabilité de l’Etat. Tout en restant dans ce contexte de régulation

          sous responsabilité de l’Etat, il serait intéressant d’envisager la possibilité de « céder » des

          journées de chasse au Loup à certains chasseurs, comme cela se pratique dans les Pays de l’Est,

          en les faisant accompagner de guides (de l’ONCFS ou de l’ONF) ou d’agents des Fédérations

          de chasseurs, étant entendu que l’intégralité des sommes éventuellement ainsi récoltées

          abonderait le budget destiné à indemniser les éleveurs et financer la protection.

 

      •   Dans un tel contexte de gestion et de régulation assouplies, les risques d’actes de braconnage

          ou d’empoisonnement devraient être minimisés. Les Fédérations de chasseurs feront aussi

          valoir leur droit à se porter partie civile pour tout acte de cette nature, sans préjudice des

          éléments de l’instruction des dossiers.

 

En conclusion, loin de toute volonté d’éradication du loup, les chasseurs français, respectueux de la nature et de la biodiversité, prônent à l’égard du loup une position pragmatique, responsable, pondérée et équilibrée, où l’homme a aussi la liberté de déterminer sa propre place.

 

1    Directive européenne « Habitats-Faune-Flore » ; Convention de Berne

2    Qui pose des problèmes et une sensibilité bien différente de l’élevage ovin

3    Schémas Départementaux de Gestion Cynégétique

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3 Commentaires.

  • Tueur de loup 30 mai 2008 at 12 h 24 min

    tuon tout les loup quil ne nous emmerde plus !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • marie 7 juin 2008 at 11 h 31 min

    que les tueurs de loup posent leurs fusils et leur haine… car un loup ne s’attaque pas aux hommes!que celui qui écrit un tel commentaire me cite un seul exemple!!!s’ils veulent s’éclater dans la tuerie, qu’ils transfèrent leurs hargne sur ces molosses qui courent les rues des villes et qui, régulièrement tuent enfants et adultes!j’hallucine quand je lis de telles inepties, bourrées de fautes d’orthographe par dessus le marché… on voit d’entrée le niveau…non mais!marie.

  • marie 7 juin 2008 at 11 h 32 min

    leur hargne, pardon!

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