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Combien de loup en France en 2016 ?

31 mai 2016

Compter les animaux sauvages, pas simple !

Les méthodes de comptage de la faune sauvage ont été bouleversées par la génétique et les techniques numériques. La vie intime des animaux et leur interaction avec l’environnement sont plus accessibles.

PIÈGES. Comment se porte la faune sauvage ? Il y a 30 ans bien malin qui aurait pu répondre à cette question. À part quelques espèces très rares comme l’ours, le décompte n’était possible qu’à partir d’observations à la jumelle et de prélèvements épisodiques de quelques individus via des pièges. Aujourd’hui, l’état de conservation de 312 espèces et 132 habitats d’intérêt communautaire du territoire français a fait l’objet de deux évaluations scientifiquement valides en 2007 et 2012. 55% des espèces et des écosystèmes sont ainsi dans un état défavorable, 28% en bon état et 17% restent inconnus (il s’agit principalement d’espèces marines et de certains invertébrés). « En comparant les deux inventaires, on constate une tendance générale à la dégradation », note Renaud Puissauve, co-rédacteur de ce rapport remis à l’Union européenne.

Chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, Renaud Puissauve est venu rendre une sorte d’hommage aux 1.500 agents de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) lors du colloque organisé cette semaine par cet organisme sur son bilan de trente ans de suivi des espèces vivant sur le territoire français. L’organisme est en effet l’un des principaux contributeurs à ces inventaires pour les espèces « chassables » (oiseaux d’eau, cerfs, chevreuils, sangliers, perdrix, lièvre, etc.) mais aussi de mammifères emblématiques comme le loup, le lynx ou l’ours. Son bilan met en exergue une véritable révolution des techniques de suivi de ces animaux. « L’application de la génétique, de la révolution numérique à ce secteur nous permet aujourd’hui d’évaluer finement des populations faibles vivant sur de grands espaces », note Nirmala Seon-Massin, directrice scientifique de l’ONCFS.

Analyses sanguines, prélèvements génétique, échographies

GPS. Le recenseur de la nature cherche à établir les aires de répartition d’une espèce, son abondance et son évolution démographique. L’outil de base, c’est la capture physique des individus sur des zones tests par des pièges et filets, le marquage par bague, le relâchement et la recapture l’année suivante. « C’est en effet en comparant le nombre d’animaux déjà bagués avec ceux qui ne le sont pas qu’on peut statistiquement évaluer l’abondance d’une espèce et sa dynamique démographique », explique Maryline Pellerin, qui travaille au suivi des 6 espèces françaises de grands ongulés à l’ONCFS. Cette méthode fiable n’est pas abandonnée bien qu’elle puisse occasionner des blessures aux animaux. Mais elle est aujourd’hui doublée d’analyses sanguines, de prélèvements génétiques, de recherche de parasites comme les tiques et même d’échographies pour les femelles pleines !

Surtout, des individus sont aujourd’hui appareillés de GPS ou de VHF pour les suivre dans leur vie quotidienne. On a appris ainsi que lorsqu’ils sont traqués par les chasseurs, les sangliers abandonnent les fourrés où ils vivent habituellement pour les taillis sous futaies où les chasseurs ne pensent pas naturellement à les poursuivre. De même, les hardes de biches ne mettent que quelques heures après la chasse pour revenir dans leurs espaces de vie préférés.

À la recherche des crottes

CHANT. Les technologies donnent ainsi plus de précision à des méthodes anciennes. Ainsi, le comptage des oiseaux chanteurs (alouette des champs, caille des blés, grive musicienne, etc.) s’opère depuis les années 1980 à partir de leur écoute par 800 observateurs (dont 600 de l’ONCFS et 200 des fédérations de chasseurs) en deux passages (avril et mai-juin) sur des cercles de détection de 500 mètres au centre de mailles IGN de 24 sur 28 kilomètres de côté, soit 5.300 points d’écoute. « Cette méthode est aujourd’hui améliorée par la bioacoustique, l’enregistrement du chant permettant à la fois d’éviter le double comptage et de déterminer les signatures vocales individuelles », précise Carole Toïgo, à la direction de la recherche et de l’expertise de l’ONCFS. La bioacoustique est en cours d’essai sur le lagopède et le râle des genêts et devrait dans le futur affiner des résultats déjà solides pour d’autres oiseaux. Ainsi, sait-on que depuis 1996, les effectifs des tourterelles des bois ont baissé de 28%, obligeant la France à la classer comme espèce vulnérable. Les pigeons ramiers ont dans le même temps doublé leurs effectifs !

La génétique suit ici un chemin inattendu : la crotte. La déjection animale est en effet pleine d’ADN dont les microsatellites sont autant de marqueurs individuels. La chasse aux excréments est devenue le jeu favori des agents, notamment ceux chargés des espèces insaisissables comme le vison d’Europe, espèce nocturne de faible densité, ou toute la famille des mustélidés (hermine, martre, furet). La crotte est l’indicateur irréfutable de la présence du loup sur un nouveau territoire, et l’on peut même déterminer sa provenance s’il a déféqué dans une autre région. On sait ainsi qu’un individu repéré dans la Meuse provenait du massif des Bauges au nord de l’arc alpin.

BANQUES. La création de banques de données génétiques ouvre également de grandes perspectives. Ainsi, il sera possible de confirmer la présence d’une loutre dans une rivière ou un étang grâce à un échantillon d’eau dans lequel on recherchera des traces d’ADN de l’animal. Les crottes devraient également permettre de savoir ce qu’ont mangé les animaux. Ainsi, ce sont des analyses génétiques qui ont permis de déterminer que des bouquetins et de mouflons vivant sur les mêmes zones ne mangeaient pas la même chose et n’entraient donc pas en compétition pour leur nourriture. Autre aspect pratique : on devrait savoir de quoi se nourrissent préférentiellement les grands ongulés et déterminer ainsi les principaux responsables des dégâts causés sur les arbres dans les forêts. Grâce à ces nouveaux outils, la vie intime des animaux et leurs interactions avec l’environnement deviennent plus accessibles. Ces progrès devraient être évidents lors de la remise du prochain rapport sur l’état de conservation des espèces en France prévu pour 2018.

Sciences et Avenir


 

Pour la première année depuis le retour naturel de Loup en France (novembre 1992), les chiffres officiels de l’ONCFS sont en baisse, soit 292 loups.

 

Madame Royal contredit son administration, et avance le chiffre magique de 500 loups. Estrosi va-t-il pousser jusqu’à 1000…?

 

La réalité est nettement plus triste et moins vendeur pour les journaleux en mal de buzz : il y aurait entre 150 à 200 loups en France.

Les tirs à tuer officiels (tirs de défense, tirs de prélèvement) et le braconnage ont exterminé un tiers de la population actuelle !

Seul Le Klan du Loup est 100% loup et 0 tir à tuer !

 

association Le Klan du Loup

combien-loup-france-2016

Dessin sous copyright © Merci à Pascal Melan pour son autorisation de publication

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