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Légendes anti-loup

16 juin 2006
LOUP : Déjà plusieurs cas recensés en Savoie ; Premières attaques
Frédéric THIERS / DL

HAUTE-MAURIENNE : Chez Jean-Marc Bantin à Termignon, on se réjouit : « les patous ont bien travaillé ».

Certes, les deux chiens de garde des troupeaux ont été mordus, mais trois brebis seulement ont été perdues. Cela s’est passé juste au-dessus de Termignon, à quelques mètres de la route nationale, entre 5 et 8 heures du matin. Pas très loin de là, à l’alpage du Mont, les loups ont rodé vers le troupeau de Gilles Mestrallet, mais là aussi les chiens faisaient bonne garde et aucune bête n’a été perdue.
« Ce n’est que le début », soupirent néanmoins les deux éleveurs. Ils sont inquiets, car les observations de loup semblent se multiplier, y compris de la part de simples randonneurs. Aucune n’est confirmée scientifiquement, et comment le seraient-elles ? Mais l’impression se dégage, selon laquelle le prédateur a de moins en moins peur de l’homme, si tant est qu’il en ait jamais été effrayé.
Plus haut dans la vallée, on compte déjà les pertes. « J’en ai déjà perdu presque autant que pendant toute la saison dernière », se désespère Jean Blanc, éleveur à Bonneval-sur-Arc. Quinze chez lui, 35 chez Claude Blanc, 17 chez Rémi Blanc… Même si tous les éleveurs de Bonneval ne sont pas frappés, la réalité de l’élevage, dans ce village, est bien particulière. Les troupeaux sont loin d’atteindre la barre des 300 têtes à partir de laquelle l’achat d’un chien et autres dispositifs sont subventionnés.

La rumeur parle d’un mystérieux 4 x 4…

« Nous n’avons pas de mérinos, mais des Thônes et Marthod ou des suffolk, des races plus rustiques qui se tiennent bien entre elles, race par race et troupeau par troupeau, elles ne se mélangent pas », explique Claude Blanc.
Là-haut, on pratique depuis des générations l’élevage extensif qui entretient la montagne et évite le surpâturage dans les zones de regroupement, qui seraient de toute façon difficiles à mettre en oeuvre. Les brebis et agneaux sont en liberté sur d’immenses territoires. Les rassembler le soir prendrait des heures. « Et il y aurait de la perte sur l’engraissement des agneaux », souligne Claude Blanc.
Rémi Blanc, lui, n’en peut plus : « faut-il vendre nos troupeaux, racheter des mérinos et perdre le bénéfice de quarante années de sélection ? » Petit-fils et fils d’éleveur, il craint de ne pouvoir transmettre son exploitation et son savoir-faire à son fils qui pourtant, à 10 ans, a déjà la vocation.
Là-haut, on ne croit pas aux beaux discours sur la retour naturel du loup. On se doute bien que dans la population lupine, cet hiver, il y a eu du mal de fait, et pas seulement en Haute-Maurienne… paroles discrètes de montagnard. Mais on s’inquiète aussi d’un mystérieux 4 x 4, aperçu tôt un matin avec ce qui ressemblait à une cage à l’arrière, deux jours avant la réapparition du prédateur.
Le désespoir, parfois, obscurcit le jugement. Il n’empêche pas d’ouvrir l’oeil, et le bon…


Quand le Dauphiné Libéré se met à raconter les plus stupides des « légendes urbaines », il devient le Dauphiné Entravé

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1 commentaire.

  • Christelle F. 21 juin 2006 at 23 h 38 min

    Merci pour ce que vous faites pour le loup.
    Bonne courage !
    Christelle

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