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Le loup est-il de retour dans la région aixoise ?

14 décembre 2013

Après l’attaque d’un troupeau à Vauvenargues en novembre et décembre 2012, plusieurs « contacts visuels » à Rians, Jouques, Saint-Paul-lez-Durance ont suivi. Le loup aurait donc été aperçu ici et là et se rapprocherait, au fil des années, d’Aix.

Dernière observation en date : il y a un peu plus d’une semaine, au matin du vendredi 6 décembre à Venelles, par trois chasseurs lors d’une battue aux sangliers, dans le quartier des Geines (entre Venelles et Meyrargues).

L’animal aurait-il si faim qu’il n’aurait plus peur d’approcher les zones habitées ou très fréquentées ? Les spécialistes nous annonçaient il y a quelques années l’arrivée imminente du Canis lupus dans les Bouches-du-Rhône. La prédiction s’avère juste, « même s’il faut rester prudent. On ne sait pas si c’est un animal isolé ou en meute, s’il est de passage ou s’il est installé, comme l’indique Anne-Cécile Cotillon, directrice adjointe de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Nous n’avons pas les moyens de vérifier cette information à Venelles. C’est l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage, ndlr) qui s’occupe de procéder à des relevés sur place pour dire si on a affaire à un grand canidé. Il cible ses constats sur les carcasses de moutons ou de caprins spécifiquement pour les éleveurs, dans l’objectif d’une indemnisation. Comme ce n’est pas le cas à Venelles, l’ONCFS ne se déplacera pas. » Le conservateur du muséum d’Aix, Gilles Cheylan, est lui plus catégorique : « Le loup a été pris en photo, deux fois cet automne par un agent de l’ONF (Office national des forêts, ndlr), près de Cadarache ». À Venelles, ils sont trois ce jour-là à être tombés nez à nez avec un loup alors qu’ils chassaient le sanglier. « Les chiens aboyaient plus longtemps que d’habitude. On se demandait pourquoi. Ils ont ensuite retrouvé une carcasse de sanglier non loin de là. Il ne restait que la tête, la colonne vertébrale et la peau. J’ai aussitôt fait une déclaration à la fédération de chasse pour qu’elle prévienne la préfecture », explique Gilbert Reynaud, président de la société de chasse.

« Intelligent mais peureux »

Leonce Roubaud, conseiller municipal délégué au développement durable faisait partie de cette battue. Il a vu le loup mais pensait que c’était un… chien ! « J’étais à un poste précis. Je ne bougeais pas. Et puis je me suis aperçu qu’à environ 50 mètres de moi, dans le vallon, se trouvait cette espèce de chien. Sur le coup, j’ai pas trop fait attention. Il est resté un long moment devant moi, debout, à me regarder, quasiment une demi-heure. Il faut dire qu’il avait été bousculé toute la matinée par nos chiens de chasse. Après, il est parti.Quand mes autres collègues m’ont dit qu’ils avaient vu un loup, j’ai fait le rapprochement. C’était la première fois que j’en croisais un à Venelles. Honnêtement, je n’ai pas du tout eu peur. » Depuis quelques jours, les rumeurs vont bon train dans le village. On parle même d’une battue au loup programmée ou même d’un loup tué par ces mêmes chasseurs ! Rien n’est évidemment avéré.Sur cette immense parcelle de campagne (site boisé et classé), nombre de promeneurs, d’enfants, de sportifs viennent prendre l’air. Faut-il avoir peur de tomber sur le loup gris ? « Pour s’attaquer à la population, il faudrait qu’il ait extrêmement faim. En général, c’est un animal très intelligent mais aussi très peureux », déclare la directrice adjointe à la DDTM.

« Il fait des progressions par sauts »

Dans La Provence datée du 24 février 2011, Gilles Cheylan, conservateur au muséum d’histoire naturelle d’Aix, l’avait déclaré sans ambages : « D’ici 5 à 10 ans, le loup devrait être présent au pied de Sainte-Victoire ». Il ne s’est pas trompé. A l’époque, un individu mâle était déjà « installé » dans le massif de la Sainte-Baume. Il semble, depuis, avoir déguerpi. « Les loups fonctionnent en meute, explique le scientifique. Le mâle avec une femelle, et des louvetaux. Quand ces derniers grandissent, les mâles s’éloignent pour trouver de nouveaux territoires et fonder une meute. Quand le mâle ne trouve pas de femelle, il s’en va au bout d’un moment ». Ces animaux sont ainsi capables de parcourir des distances impressionnantes, colonisant, depuis l’Italie qui compte une belle « population », la France où 180 d’entre eux seraient déjà établis. Espèce protégée – même si elle est encore braconnée – elle progresse ainsi par « sauts » d’une région à l’autre. Sa présence dans le Var, d’où est sans doute originaire le Canis Lupus qui visite actuellement les Bouches-du-Rhône, est avérée depuis des années.

Impossible pour autant de savoir si le loup de la campagne aixoise y est établi, ou seulement de passage. Sachant qu’une meute vit sur une zone d’environ 10 000 hectares, et que le massif de Sainte-Victoire, à lui seul, en compte 30 000, il y a, en tout cas, de la place. Et aussi de la nourriture potentielle ; à l’ombre de la montagne de Cézanne réapparaît le grand gibier, du type chevreuil. Le loup ne dédaigne pas non plus croquer du sanglier.

C’est un come-back, dans tous les cas, assez exceptionnel dans les Bouches-du-Rhône. Gilles Cheylan rappelle que le dernier loup du département avait été tué à Marseille en 1892. Ses congénères du pays d’Aix avaient été exterminés, eux, une décennie auparavant. Il aura fallu donc plus de 130 ans pour que l’animal reprenne du poil de la bête…

Un texte de loi a « créé des zones d’exclusion pour le loup regroupant les communes dans lesquelles les actives pastorales sont gravement perturbées par les attaques des loups qui causent des dommages importants. La destruction des loups sera autorisée dans ces zones, délimitées chaque année, indépendamment des tirs de prélèvements autorisés. Ces zones ne devront pas menacer la présence du loup sur notre territoire. »

Voici les communes où des aides sont possibles pour la mise en place de mesures de protection préventives des troupeaux pour les Bouches-du-Rhône en 2013 :

Cercle 2: Trets, Rousset, Châteauneuf-le-Rouge, Saint-Antonin, Beaurecueil, St Marc Jaumegarde, Meyrargues, Peyrolles, Saint-Paul-lez-Durance.

Cercle 1 : Puyloubier, Vauvenargues, Jouques.

Projet pour 2014 :

Cercle 2, Trets, Rousset, Châteauneuf, Saint Antonin, Beaurecueil, St Marc Jaumegarde, Meyrargues, Peyrolles.

Cercle 1 : Puyloubier, Vauvenargues, Jouques, Saint-Paul-lez-Durance.

Source : La Provence


Cet article est typique de la façon de faire d’une partie de la presse française : un ramassis de propos de « comptoir », une succession de « on dit ». Le journaleux de service enfile les approximations comme certains enfilent les perles…

Le loup peut-il revenir dans la région aixoise ? La réponse est oui. D’autant plus qu’avec les battues aux loups et le braconnage, les meutes éclatent plus rapidement et les « dispersions » de Canis lupus italicus se font plus vite. En cela, les néo-ruraux montrent leur ignorance du fonctionnement de la faune sauvage…

Le Loup est-il de retour dans la région aixoise ? Actuellement, personne n’en sait rien car aucune étude scientifique sérieuse n’a été faite.

association Le Klan du Loup

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