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Sur la piste du loup en Savoie

18 janvier 2009

Michel Lambrech a le sourire de l’enquêteur lancé sur la bonne piste. Grand beau temps froid et fine de couche de neige légère tombée deux jours plus tôt. « On va pouvoir lire les traces comme dans un livre,  » confie le responsable savoyard de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage).

Dix ans qu’il sillonne le massif de Belledonne depuis que le loup s’y est installé. Des traces, il en a suivi des centaines, mais il n’a toujours pas vu l’animal. Alors, c’est le bon jour ? « Il ne faut surtout pas partir avec cette idée. Depuis le temps qu’on ne le signale ici ou là, 95 % des observations sont le fait du hasard,  » constate humblement l’homme de terrain, qui participe à la première opération de l’hiver 2008-2009 dans le secteur, où 7 équipes sont engagées en même temps, à cheval sur la Savoie et sur l’Isère.
Premiers kilomètres à pied sur la piste qui traverse la forêt du Cuchet, au dessus de Sainte-Etienne-de-Cuines (73130). Un jeu de pistes pour Michel Lambrech, mais l’expérience l’a rendu prudent. « La première année, les gens voyaient des traces de loups partout. Elles sont parfois très proches de celles des chiens. D’où la nécessité de les suivre longtemps pour être sûr. Le loup progresse en ligne droite, laissant une empreinte comme un long pointillé dans la neige, tandis que le chien vadrouille et a tendance à zigzaguer. Mais ce n’est qu’un indice. Il faut réunir d’autres preuves de son passage.
 » Gants de latex, scalpel, flacon transparent pour recueillir d’éventuelles crottes, poils, tâches d’urine et de sang laissées sur la neige… Les équipes de suivi hivernal cherchent les indices comme des enquêteurs de la police scientifique. « Ils sont très précieux pour les analyses génétiques, qui vont prouver ou non qu’il s’agit d’un ou de plusieurs loups. Elles nous servent d’autant plus que la taille d’une meute change tout le temps. On est arrivé à détecter jusqu’à 8 individus différents dans le secteur du Thabor/Galibier, alors qu’il semble y en avoir moins maintenant dans ce secteur. En revanche, on voit nettement plus d’activité dans les Bauges ».

Un vrai guet-apens

La neige labourée peut révéler une attaque sans merci. « C’est l’une de nos plus belles observations dans le secteur. Nous suivions une trace qui allait se séparer en deux, comme c’est souvent le cas chez les loups. Elles se sont retrouvées au bout de plusieurs kilomètres de part et d’autre de celles d’un cerf. Un vrai guet-apens ! Avec des traces de poils et de sang qui montraient qu’il avait bien dû se défendre avant de réussir à s’enfuir.
 » Le loup s’attaque plutôt aux gabarits plus petits. Chevreuil, lièvre, mouflon (présent notamment dans les Bauges), marmotte au printemps… « C’est un animal très opportuniste. Il va au plus facile. Les dernières attaques constatées récemment dans les Bauges et l’an dernier en Haute-Maurienne n’ont rien d’étonnant. En période de grand froid, la faune sauvage descend plus en fond de vallée, et donc plus près des habitations.
 » La suite de la « traque » se fera en raquettes pour ratisser le secteur enneigé. Pas une trace de loup. Pas plus sur les circuits empruntés par les six autres équipes. « C’est toute la difficulté du suivi hivernal. Il est indispensable pour connaître la progression de l’espèce, son mode d’alimentation et son impact sur la faune sauvage. On est sûr qu’elle est présente de manière permanente dans 5 secteurs différents en Savoie, mais personne n’est capable de vous dire combien il y a de loups.  »

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4 Commentaires.

  • domi 18 janvier 2009 at 20 h 21 min

    bonne fin de week-end amitiés au klan des loups

  • Tueur de loup 19 janvier 2009 at 17 h 09 min

    il fau les recensé pour mieu les tuer

  • Pierre 21 janvier 2009 at 15 h 50 min

    S’il y avait des corridors écologiques qui permettent l’échange entre les massifs, les espèces de chamois, mouflons et autres, seraient moins fragiles génétiquement. Vos enquêtes par la presse sur les « traces du loup » sont toujours très interressantes, merci.Pierre

  • chantal74 14 février 2009 at 18 h 38 min

    Je découvre un blog intéressant en venant de chez Kri, car j’ai une passion pour les loups… je viens de lire les commentaires et Pierre a raison et quand ces corridors existent on ne s’inquiète pas d’y passer des routes et on a beau mettre des grillages.. pour l’instant pas vu de Loup dans la forêt du bois du Soulet dans la vallée de l’Arve. Par contre des renards et des petits malins ont mis des boules empoisonnées ce qui a provoqué la mort de quatre chiens…je reviendraichantal

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