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[Québec] Le Parc de la Mauricie abrite des loups

5 janvier 2008

Le parc national de la Mauricie est le parc national le plus à l’est du Canada qui abrite encore des loups. Ne cherchez pas cet animal dans les provinces maritimes, ni au sud-est des États-Unis. Il a été soigneusement exterminé.

Pendant 130 ans, soit même avant la Confédération, le gouvernement a encouragé la destruction des loups, allant même jusqu’à payer les gens pour y parvenir, racontent Hélène Jolicoeur et Michel Hénault dans un document préparé pour la Société de la faune et des parcs du Québec en 2003.

La strychnine, un poison violent, a été couramment utilisée jusqu’en 1979 pour tenter de faire disparaître cette espèce, ajoutent les auteurs.

Victime de préjugés et de peurs, le loup est considéré, même encore par certaines personnes aujourd’hui, comme un bandit dont il faut se débarrasser à tout prix.

Ajoutez à cela une perte importante d’habitat et vous avez un animal homologué en tant qu’espèce « préoccupante » depuis 2001 par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Chez nous le loup va bien

Toutefois, « le loup va bien au Québec, sauf au sud du fleuve Saint-Laurent où il a été remplacé par le coyote », raconte Denis Masse, biologiste au parc national de la Mauricie.

La trappe et la chasse au loup sont encore des activités légales, mais l’objectif de nos jours n’est plus d’éliminer le loup.

Au contraire, il semble que les mentalités changent peu à peu. Parcs Canada a en effet réalisé une étude sur les perceptions qu’ont les résidants de la région limitrophe du parc national de la Mauricie à propos du loup.

L’étude, rendue publique récemment, englobait aussi les visiteurs du parc, les trappeurs et les chasseurs.

Les chasseur ont répondu à 68 % qu’il est important de maintenir la population de loups dans la région. Près de la moitié d’entre eux croient aussi que le nombre de loups est suffisant dans la région.

« Mais c’est un équilibre fragile », tient à préciser Mario Villemure qui a fait sa thèse de maîtrise sur le sujet en 2003. Le loup dépend principalement de l’orignal, du cerfs de Virginie, du castor et d’un habitat adéquat pour sa survie.

Il n’existe toutefois pas de territoire protégé assez grand, ni en Mauricie, ni au Québec, pouvant assurer le maintien d’une population de loups à un niveau acceptable, peut-on lire dans le document intitulé « Stratégie de conservation du loup dans la région du parc national de la Mauricie », cosigné par MM. Villemure et Masse.

Au parc national de la Mauricie, les loups de l’Est (Canis lupus lycaon) trouvent une nourriture suffisante pour survivre et ils ne peuvent être ni chassés, ni trappés.

Par contre, leur taux de mortalité s’élève de façon significative dès qu’ils franchissent les frontières du parc.

Un animal utile

La haine inspirée par le loup pendant des centaines d’années provenait surtout de l’ignorance. Aujourd’hui, la science commence à mieux comprendre l’importance de cette espèce dans l’écologie forestière.

Les biologistes le perçoivent comme étant une clef importante du contrôle des ongulés (orignaux et chevreuils).

Comme l’explique Denis Masse, les ongulés qui n’ont plus de prédateurs se multiplient en trop grand nombre et consomment des quantités importantes de jeunes pousses d’arbres, donc de la régénération forestière.

Ce phénomène est particulièrement observable dans les Maritimes où il n’y a plus de loups, dit-il.

Sur nos routes, la grande faune cause plus de 6000 accidents par année selon Transport Canada. Selon Ressources naturelles et Faune, de 3000 qu’ils étaient en 1975, les cerfs de Virginie, par exemple, sont maintenant au nombre de 60 000 au Québec, malgré les efforts de chasse.

Dépourvu aujourd’hui d’habitats protégés suffisamment grands pour assurer sa prolifération (une meute de 5 à 10 loups occupe environ 600 kilomètres carrés), le loup ne peut malheureusement plus faire partie des solutions, pour l’instant, afin de remédier à cette problématique.

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