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Le retour du loup affecte les paysages alpins

24 juillet 2007

Présent depuis quinze ans dans les Alpes – y compris en Haute-Savoie – le loup contribue à modifier le paysage et l’équilibre écologique en raison des contraintes liées à la nécessité de regrouper les troupeaux afin de les protéger. Une situation qui commence à inquiéter les gestionnaires d’espaces naturels.

« On abandonne des zones de pâturage et certains endroits se referment, ce qui entraîne une perte de biodiversité« , souligne Pierre Guelpa, directeur de la Société d’économie alpestre de la Savoie. Si les surfaces en cause ne pèsent pas très lourd au regard des centaines de milliers d’hectares d’alpages de la région, en revanche « elles exercent un fort impact paysager », ajoute M. Guelpa.

Les actes du séminaire technique « loup-élevage » de juin 2006 qui viennent d’être publiés par le Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes-Méditerranée (Cerpam) insistent sur les problèmes soulevés par les parcs où l’on rassemble, la nuit venue, les troupeaux. Il s’agit de la principale mesure de protection contre les loups. Les chercheurs mettent en avant la concentration des déjections animales sur un espace réduit. Selon leurs calculs, cela équivaut à un apport de 21 kg d’azote par nuit sur une surface moyenne de 1 600 m2 pour un troupeau de 1 600 brebis. L’étude souligne « l’urgence et la gravité des problèmes de l’accumulation et de l’absence de gestion des déjections aujourd’hui en montagne ».

LA DIVERSITÉ DES RACES

Autre aspect de cette nouvelle organisation du pâturage, les secteurs abandonnés parce que trop éloignés ou moins accessibles. Mais aussi ceux qui sont « sur-pâturés » parce que proches d’un parc de regroupement.

Les contrats de protection qui ouvrent droit à des financements publics permettent de réduire la vulnérabilité des animaux face au prédateur mais avec le risque d’engendrer des pratiques plus rigides qui laissent moins de marge de manoeuvre pour la conduite du troupeau. « Nous entrons dans un système dans lequel il faut gérer un compromis entre la bonne gestion pastorale et la protection du troupeau, explique Laurent Garde, chercheur au Cerpam. Il s’agit d’un ajustement permanent qui va permettre globalement de réduire la prédation mais avec un niveau de dégradation accru. » Les inquiétudes portent également sur la diversité des races ovines. Si les grands troupeaux transhumants du sud des Alpes sont composés de races grégaires, habituées au gardiennage, les troupeaux résidents des Alpes du Nord, de 450 à 1 200 têtes, sont souvent constitués d’animaux pris en pension provenant de petits élevages de brebis de pays habituées à la liberté et donc difficiles à regrouper. « Il va falloir changer de culture pastorale », constate Pierre Lachenal, directeur de la Société d’économie alpestre de la Haute-Savoie.

Les motifs de préoccupation n’épargnent pas non plus les éleveurs de montagne, producteurs d’agneaux, contraints de protéger toute l’année des troupeaux de moins de 1 000 têtes en zone de plaine. « Notre crainte est qu’ils soient obligés de retourner à des pratiques intensives avec des effectifs plus réduits, ce qui va à l’encontre totale d’une logique agri-environnementale », souligne M. Garde.

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1 commentaire.

  • Marion 3 septembre 2007 at 15 h 29 min

    Que faire dans ce cas-là? ce problème pèse en core sur la réintroduction du loup en France. Cela ne fait qu’ajouter au mécontentement des éleveurs. Comment réagissent-ils à ces problèmes d’ailleurs? Et le gouvernement et les régions sont-ils prêts à faire tous les efforts nécessaires pour le maintien du loup et la bone entente avec les troupeaux?

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