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[Suisse] Rencontre avec le loup

14 octobre 2006

Chasseur de 28 ans, Olivier Eggimann affirme avoir aperçu le prédateur dimanche dernier, à la Montagne de Loz. Récit.

ESTELLE BRESSOUD

Il n’est pas près d’oublier ce dimanche 8 octobre, Olivier Eggimann. Levé à l’aube pour s’adonner à un repérage de bouquetins sur les hauts de Vouvry, ce chasseur de Miex âgé de 28 ans a eu la stupéfaction d’apercevoir un animal autrement plus rare: un loup.

«Je suis tombé nez à nez avec, à une distance de 80 à 100 mètres», raconte-t-il, l’émotion encore vive. Pelage gris foncé et noir, une tête caractéristique, pas de doute. Même si la rencontre fut furtive: «Il était de dos. Je suis arrivé par l’arrière d’une petite colline. Il a mis les baskets en deux secondes! Je l’avais dérangé.»

Le jeune Chablaisien dégaine trop tard son téléphone portable pour immortaliser l’instant. Tout juste parvient-il à observer le fugitif au moyen d’une paire de jumelles. Il n’émet que peu de réserve sur son identité: «Je ne vois pas avec quelle race de chien j’aurais pu le confondre.» Le face-à-face a eu lieu à 8 h 15 dans un endroit dégagé de la Montagne de Loz, à 1936 mètres d’altitude.

Olivier Eggimann regrette d’être le seul à pouvoir en témoigner. Mais tire un bonheur manifeste de la mésaventure: «J’ai de la chance. Tout le monde ne peut pas se vanter d’avoir vu un loup.» Sans doute était-ce même «le» loup, l’individu désormais tristement célèbre pour avoir mutilé une trentaine de moutons en un seul assaut. Un forfait perpétré onze jours plus tôt, à moins de dix kilomètres de là. L’animal a fait l’objet d’une deuxième observation directe dans la région.

Phénomène touristique?

La présence d’un tel prédateur laisse perplexe notre montagnard: «J’ai passé deux matinées complètes dans cet alpage. Je n’ai aperçu aucune étagne (n.d.l.r.: la femelle du bouquetin) avec ses petits, une espèce pourtant peu farouche. Je pense que le loup n’est pas bon pour le gibier.»

Les autorités cantonales ont en tout cas décrété indésirable celui de Conche. Sauf recours, les gardes-chasse et leurs auxiliaires du Valais romand – plus de cent tireurs potentiels – sont autorisés à ouvrir le feu dans dix jours, et seuls habilités à le faire. «L’expérience nous a montré que la battue n’était pas une stratégie adéquate. On procédera à des observations minutieuses. Les deux loups abattus en Valais ont été tirés à l’affût», indique Peter Scheibler, chef du Service de la chasse, de la pêche et de la faune du canton.

Reste à savoir si cela se fera dans la quiétude. Ils sont nombreux, à l’instar du président de la Diana de Monthey Plaine, Serge Mariéthoz, à redouter l’émergence d’un phénomène touristique: «Nous ne pouvons pas empêcher les gens d’aller se balader. Mais cela contribuera à déranger l’animal et à entraver les gardes-chasse dans leur tâche.»


Nouvelle preuve, s’il en était encore besoin, que le loup n’attaque pas l’Homme…

association le Klan du Loup
loup-mort-suisse

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1 commentaire.

  • franny 15 octobre 2006 at 13 h 49 min

    Il est plus intelligent de dégainer le portable pour immortaliser l’instant, que de tirer au fusil pour attaquer ces seigneurs de la foret….BON DIMANCHE A TOIAMITIESFRANNY

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