Billet lupin d'Anne Ménatory

Le billet lupin d’Anne Ménatory – 4

15 mars 2020

Ecologie ou économie ? Théoriser l’opposition pourrait paraître un peu réducteur, voire tout simplement partial.

Pourtant, et l’actualité internationale le démontre à l’envi, le souci environnemental passe toujours après l’appât du gain. Et surtout si les humains concernés vivent plutôt dans la pauvreté.

Certains pays d’Asie, l’Afrique subsaharienne, sont de bons exemples de saccage planétaire sur fond notamment d’agriculture envahissante, et donc de réduction toujours plus grande des espaces dévolus à la vie sauvage.

A l’inverse, dans les pays industrialisés, la prise de conscience est plus forte en faveur d’un respect de l’environnement au sens large, et donc de tous les êtres vivants qui les peuplent.
Il est vrai qu’il est plus facile de penser à ce qui vous entoure lorsqu’on a le ventre plein que lorsqu’on vit dans le plus grand dénuement. Et surtout si, comme dans la plupart des pays européens, le fameux saccage planétaire a déjà eu lieu.

Quoi qu’il en soit, l’écologie, dans la plus grande acception du terme, et avec le risque que le terme soit galvaudé, serait l’apanage des riches.

Si on s’arrête à ce constat, on ne peut que baisser les bras. Car aujourd’hui, tous ceux qui veulent s’extraire de leur condition, souvent précaire, sont les plus nombreux. Les atteintes à l’environnement sont donc toujours plus fortes, et prennent de plus en plus souvent un caractère irrémédiable.
Bien sûr, la Terre ne s’arrêtera pas de tourner pour autant. Mais sans jouer les collapsologues, elle finira par tourner sans les être humains. S’en portera-t-elle plus mal ? La question mérite d’être posée, mais cela pourra faire l’objet d’un autre débat.

Sans tomber dans l’hystérie environnementaliste, ou dans la sanctification de la lycéenne Thunberg (dont les connaissances en écologie s’apparentent à un maigre apprentissage et à une restitution mécanique qui tiennent plus du perroquet que du spécialiste), on doit convenir que nous sommes bel et bien embarqués dans une aventure qui risque de très mal finir.

Jusqu’alors, la croyance au progrès scientifiques – qu’il ne s’agit pas de nier, et dont on ne peut, le plus souvent, que se féliciter – pourrait inciter à un relatif optimisme. On voit bien aujourd’hui que les besoins des Hommes sont tels qu’on ne parviendra pas, malgré les prouesses à venir, à juguler les atteintes environnementales de façon à ce qu’elles soient supportables.

Cela ne veut pas dire qu’il faut cesser toute réflexion et toute action écologiques. Mais la lucidité commande, alors, de ne pas avoir peur de remettre en question certains modèles économiques. Notamment le modèle agricole qui privilégie la production de masse sur fond de pollution massive. Bien loin, en tout cas, d’une approche virgilienne des choses et du travail respectueux de la terre nourricière.

Et les loups dans tout ça ? Forts de leurs liens claniques, ils continuent de tisser les liens d’une histoire, la leur, naturelle et donc riche de drames aussi bien que de félicités.

Une vie de loup, c’est un parcours d’être vivant qui n’a pas cédé à l’attrait prométhéen, et qui ne brûle donc pas sa vie en traquant les chimères et l’immortalité.

Une vie de sage finalement. A méditer… pendant que, de toute façon, la Terre continue de tourner, entrainant avec elle des conflits et des virus.

Anne Ménatory pour le Klan du Loup

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Anne Ménatory, membre honneur du Klan du Loup

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