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Ne soyons pas le caillou dans la chaussure d’une cause qui avance, lentement mais sûrement

2 février 2020

Lorsque l’on défend une cause, quelle qu’elle soit, on a le cœur chaud.

Certains agissements nous sont insupportables. C’est épidermique. Notre poil se hérisse, la chaleur monte et parfois aussi, les larmes.

A l’heure du numérique, les informations circulent vite, très vite… parfois trop vite.
N’a t-on pas vu des gens être menacés pour des faits qu’ils n’avaient pas commis ?

Citons l’exemple cette éleveuse de chiens, demeurant près du lieu de commission des faits, qui a subi menaces et insultes avant qu’il ne soit confirmé qu’elle n’était pas l’éleveuse de chiens qui a brûlé vif le chien Fudji.
Puis, ce déversement de haine s’est dirigé vers la personne effectivement poursuivie, qui n’a pas manqué de s’en servir par la suite.

Il arrive parfois que l’adresse de la personne mise en cause (et présumée innocente, rappelons-le) soit gentiment proposée aux internautes…
Si Facebook avait existé à l’époque de la mise en cause de Patrick Dills dans la mort de deux enfants à Montigny-les-Metz en 1986, il aurait peut-être été lynché sans autre forme de procès. Et pourtant…

Une fois le récit des faits diffusé sur les réseaux sociaux, les cœurs s’emballent et la toile se noircit d’un vol de cyber corbeaux.

Or, cet embrasement peut avoir de lourdes conséquences et, précisément, desservir la cause que nous pensions défendre.

La colère et l’indignation sont des réactions légitimes face à des agissements cruels mais en les exprimant par écrit, sans filtre, sur les réseaux sociaux, tous ces mots qui nous soulagent sont également susceptibles d’alléger la peine qui sera prononcée contre l’auteur des faits lors de son jugement.

En effet, il est constant que les prévenus ayant subi menaces et insultes se présentent à leur audience de jugement avec les impressions écrans de ces insultes (parfois risibles à froid…) et déplacent le débat sur leur propre préjudice.
Il en va de même avec l’agri bashing, qui est de plus en plus évoqué dans le cadre des dossiers pénaux impliquant des animaux de rente.

L’idée n’est pas ici de défendre l’élevage et ce qu’il implique pour les animaux ; l’idée est d’être juste.

On se retrouve devant un Tribunal pénal pour des faits, pas parce que l’on exerce tel ou tel métier (même si certains « métiers » non homologués peuvent néanmoins conduire devant le Tribunal…).
De plus en plus, les magistrats prêtent oreille à cette complainte de l’agresseur agressé.
S’en offusquer serait un tort.
Une infraction est une infraction, une victime est une victime.

Mais, pendant ce temps, les parties civiles doivent s’efforcer de rester impassibles, sagement assises sur leur banc ; ce n’est pas toujours aisé…
Pas aisée non plus la prise de parole ensuite et le recentrage des débats sur la ou les vraies victimes.

Rappelons au surplus que les injures et la diffamation, qu’elles soient publiques ou privées (et oui), sont des infractions sanctionnées par le code pénal.

Les Parquets poursuivent régulièrement les auteurs de cyber insultes, menaces ou diffamations.
Ces poursuites sont désormais facilitées par le fait que Facebook s’est engagé à fournir à la Justice française l’identité des vengeurs masqués.
Ainsi, quels que puisse être les agissements qui sont dénoncés sur le net, évitez de réagir à chaud et gardez toujours à l’esprit que les écrits restent…

Comme un avocat qui plaide, ayez le cœur chaud mais la tête froide.

Olivia Symniacos

Olivia Symniacos est l’avocate du cabinet Animalex.

Maître Symniacos est compétente en « droit animalier« .

Le Klan du Loup a fait appel au cabinet Animalex pour faire valoir ses droits dans une affaire de braconnage. Justice a été rendue pour Canis lupus italicus !

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